7ème clé – Quand nos morts deviennent passages vers la vie

par | 31 Jan 2024 | Changement collectif, Décider, Développement personnel, Dynamique humaine, Motivation, Non-violence active | 0 commentaires

En naissant, nous faisons, parait-il, une expérience de mort et c’est elle qui nous propulse vers la vie.
Nous mourons à quelque chose pour naître à autre chose.
Il en est de même pour nous quand nous traversons « les épreuves de nos morts ».
Au début, nos sensations peuvent être assez désagréables, parfois terrifiantes !
Mais je découvre que je ne suis pas mort, je suis vivant !
Savoir cela, ne m’épargnera pas les souffrances et les peurs, mais me permettra de voir et d’accepter que ce que je vis est un passage et non une fin.

« Cela peut paraître paradoxal : en excluant la mort de sa vie on se prive d’une vie complète, et en l’y accueillant on élargit et on enrichit sa vie. »

Marie de Hennezel1

Voir les signes de vie nouvelle

Même quand la mort donne l’impression de gagner, ne restons pas paralysés. Osons nous approcher, entrer dans le lieu de la mort et lever les yeux ! Si je lève les yeux, c’est-à-dire, si j’élargis mon horizon et que je ne reste pas le nez dans le guidon, je verrai immanquablement les signes du début d’un retournement, les signes de la vie… Je ne suis plus le/la même qu’avant et le monde qui m’entoure non plus.

Revenons à l’exemple que j’ai donné dans l’article « Découvrir ma puissance en temps de crise » (cf. 5ème clé de la transition).
Il se passe dans une organisation internationale qui essaye de mettre la confiance, l’autonomie et la responsabilisation au cœur de leurs nouveaux modes de gouvernance. Une équipe de terrain, dans un pays du Sud, a ressenti le besoin de se faire accompagner. Ils ont fait tout un processus collectif pour préciser leurs besoins, contacter et choisir des intervenants, en y incluant leur hiérarchie directe dans la maison-mère en Europe. Ils sont enthousiastes du résultat et impatients de commencer l’accompagnement. Mais le directeur RH refuse le contrat, disant : « Ce n’est pas de cela dont vous avez besoin ! Nous allons vous envoyer le formateur-coach qu’il vous faut ».
Après les premières réactions, bien légitimes, d’écœurement, de colère et de découragement, l’équipe a pu mettre des mots sur ce qui était inacceptable dans cette façon de fonctionner avec les services support du siège. Elle a eu des discussions avec d’autres acteurs dans l’organisation, découvert d’autres situations similaires et développé des solidarités.
Cette épreuve/cette mort a généré une conscience plus précise et une visibilité de ces dysfonctionnements. Elle a permis à l’équipe de faire avancer la clarification des modes de gouvernance, de l’autonomie des projets du Sud et de la collaboration avec les services centraux.
Petit à petit, elle a pu VOIR dans cet événement une « opportunité de vie » au-delà de la « mort ».

« J’apprends à voir. Je ne sais pas à quoi cela tient, mais tout pénètre plus profondément en moi, sans s’arrêter à l’endroit où d’ordinaire tout s’achevait. J’ai un intérieur, que j’ignorais. Tout y entre désormais. Je ne sais ce qui s’y passe. »

Reiner Maria Rilke2

Partager ce que je vois pour transmettre l’espoir

Comment communiquer cette expérience aux autres ?

Souvent, m’arrêter et regarder dans le rétroviseur, m’aidera à clarifier ce que je désire partager… Dès que l’occasion m’en sera donnée, je serai prêt à partager mon expérience… Je verrai alors des attentions s’éveiller… Là où il n’y a pas d’intérêt, je n’insiste pas, je vais plus loin, sans juger !


Dans l’exemple de l’organisation internationale, en plus de partager les signes de vie nouvelle cités ci-avant, le responsable a pris l’initiative d’offrir à son équipe des livres qui lui ont permis de clarifier ce qu’il avait vécu. De la sorte, il n’a pas renoncé à PARTAGER ce qui pouvait donner une vie nouvelle à leur organisation. Une belle surprise de cette étape fut l’accueil, touché et plus flexible, de ceux qui auparavant étaient plus réservés.

Car tout l’enjeu de ma nouvelle naissance, c’est de voir les signes de vie nouvelle, partager ce que je vois pour transmettre l’espoir et, ensuite, reprendre le chemin.

Reprendre le chemin

Libéré de mes aveuglements, de mes peurs de la mort et de la souffrance, de nouvelles pistes s’ouvriront à moi. L’élan vital pourra revenir et me permettre de reprendre mon chemin, plus fort, plus vivant.

Poursuivons notre exemple : la lecture du livre a été inspirante pour l’équipe. Ils ont créé un espace de partage sur leur lecture, une réunion régulière. Ils y ont sélectionné des idées qui leur semblaient applicables dans l’organisation. Ils ont décidé de démarrer plusieurs projets concrets pour tester et mettre en pratique ces nouveaux modes de gouvernance…

Plus j’aurai parcouru ce chemin des 7 clés de la transition, plus je deviendrai « inconsciemment-compétent »3, et donc capable d’affronter des situations plus extrêmes, d’y ouvrir une brèche et d’y guider d’autres… Ma vie intérieure deviendra plus intense, ma vie relationnelle plus riche et ma participation à la construction de « la vie qui s’en vient » plus jubilatoire… Avec des déserts, des tempêtes… Mais je sais maintenant que c’est un passage vers la vie-qui-ne-s’arrête-jamais !

« Oser vivre, c’est oser mourir à chaque instant, mais c’est également oser naître, c’est-à-dire franchir de grandes étapes dans l’existence où celui que nous avons été meurt pour faire place à un autre, avec une vision du monde renouvelée. »

Arnaud Desjardins

Reparcourons quelques repères que j’ai donnés dans mes trois articles de cette 7ème et dernière clé de la transition qui aborde la question : comment vivre le cycle mort/vie ?

  • Découvrir où se trouve le lieu privilégié d’accouchement de la Vie
  • Prendre soin des personnes
  • Prendre soin l’unité du groupe
  • Traverser l’angoisse et l’impuissance
  • Mourir pendant que l’on est encore en vie
  • Oser le pas-sans-assurance
  • Voir les signes de vie nouvelle
  • Partager ce que je vois pour transmettre l’espoir
  • Reprendre le chemin.

Autant d’attitudes qui me permettent de rester acteurs, de ne pas me résigner, ni d’abandonner, de continuer à choisir la vie jusqu’au bout…
C’est en regardant dans le rétroviseur, en le partageant avec d’autres et en reprenant le chemin que je recevrai la confirmation des nombreux bourgeons de vie nouvelle, ainsi que la paix profonde et la jubilation qui en résulte ! Je serai né à une autre dimension…

NOTES

  1. Marie de Hennezel, dans Proposition pour une vie digne jusqu’au bout ↩︎
  2. Reiner Maria Rilke dans Les Carnets de Malte Laurids Brigge ↩︎
  3. C’est une étape du processus d’évolution et/ou d’apprentissage que j’explique dans mon article « les trois mécanismes qui bloquent nos relations » (2ème clé de la transition) ↩︎

PHOTOS : Unsplash et Pixabay

POUR APPROFONDIR

Vous trouverez sur https://www.m-h-d.be/sept-cles-de-la-transition

  • Une présentation des 7 clés de la transition et un schéma résumé
  • L’accès à tous les articles que j’ai déjà publiés sur le sujet
  • La possibilité de télécharger gratuitement un E-book… une mise en bouche !

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L’auteur

Benoit Thiran

Benoit Thiran

Benoit Thiran, marié, père de 3 enfants, ingénieur commercial et de gestion, a derrière lui 29 années d’expérience professionnelle en gestion des relations et du changement, formation et coaching dans des secteurs très variés (multinationale, développement, non marchand, PME, projet BeLEAN à la SNCB). Il a une expérience particulière dans l’accompagnement des périodes de turbulences qui font partie du processus de transition pour aider les personnes et les groupes à découvrir le potentiel d’évolution qui s’y cache ! https://www.m-h-d.be/

Recherche

Catégories

Thématiques

SUIVEZ-NOUS

Pin It on Pinterest