Vivre sa foi au boulot, OK ou pas OK ?

par | 23 Oct 2026 | Développement personnel | 0 commentaires

Par ces quelques lignes je souhaite partager ce que je vis depuis de nombreuses années. Cet article est très personnel. Il est écrit en « je ». Il n’engage que moi.  Vos réactions sont plus que bienvenues dans les commentaires.

Je n’évoquerai pas l’Islam que je ne connais que trop mal, ni le Judaïsme, le Bouddhisme ou tout autre foi que la mienne. Si certains musulmans, juifs, bouddhistes… veulent enrichir ce partage dans les commentaires en évoquant leur vécu, je les en remercie.

Être chrétien

Pour commencer, je souhaite préciser ce qu’est pour moi être chrétien.

Ce n’est certainement pas être l’adepte d’une religion, qu’il s’agisse de l’église Catholique, d’une des églises Orthodoxes ou Protestantes. Pour moi, être un chrétien pratiquant, ce n’est pas aller à la messe, au culte ou à l’office tous les dimanches ou, comme moi, tous les jours, quand c’est possible.

Pour moi, être chrétien, c’est être disciple (élève) de ce Jésus de Nazareth, que l’on appelle Christ et qui a vécu il y a 2000 ans. Être pratiquant, c’est mettre en pratique son commandement : aimer. Aimer son prochain, s’aimer soi-même, aimer ses ennemis, demander pardon et pardonner, prendre soin des pauvres, accueillir les étrangers, visiter les prisonniers, soigner les malades… en un mot aimer. Certains de mes frères chrétiens me feront peut-être remarquer que j’ai oublié d’intégrer dans ma liste l’amour de Dieu. Comme nous le disent longuement et de nombreuses façons les évangiles, aimer Dieu, c’est avant tout pratiquer tout ce qui précède.

« Aime et fais ce que tu veux »

St Augustin

Si ma religion (l’église que j’ai choisie) ne m’aide pas à aimer, elle ne sert à rien comme le dit si bien St Paul dans son hymne à l’amour (1er lettre aux Corinthiens, chap. 13).

« S’il me manque l’amour, je ne suis rien »

St Paul

Au boulot

Alors, oui, au boulot et ailleurs, j’essaye d’être un chrétien pratiquant. Je veux me mettre, jour après jour, à la suite de mon patron (ce Jésus). Je veux aimer mes collègues, mes clients, mes partenaires, mes fournisseurs, mes concurrents… les sympas et les moins sympas.

Aimer, c’est avant tout vouloir le bien de l’autre. Mais parfois, en voulant le bien de l’autre, je finis par lui imposer ma vision du « bien », mes idées, mes jugements. Cette voie me parait dangereuse[i].

Un don et un accueil

J’aime bien définir l’amour de l’autre comme un don et un accueil.

Je crois qu’aimer c’est se donner soi-même, gratuitement, sans rien attendre en retour. Si j’attends, ne fut-ce qu’un merci, ce n’est plus de l’amour, c’est du business. Pour pouvoir faire ce don de soi, il faut découvrir ce « soi », ce « je suis », cette personne unique et irremplaçable que je suis. Il faut dépasser son ego, ses peurs, ses jugements. Pas facile… impossible probablement. Ce n’est donc pas un objectif bien déterminé, mais une voie sur laquelle s’engager avec beaucoup d’humilité et de vulnérabilité.

Aimer c’est accueillir l’autre, tel qu’il est, sans vouloir le changer. Ici aussi, le mot important c’est « tel qu’il est ». Aimer l’autre, c’est l’aider à devenir davantage cet être unique et irremplaçable qu’il est. Il ne s’agit pas de l’encourager à rester prisonnier du paraitre, mais bien au contraire à lui révéler toute sa valeur, son être profond. Cette dimension est très forte dans mon métier de coach.

Prosélytisme

Voilà un mot qui fait grincer beaucoup de dents. L’annonce de l’évangile est souvent considérée comme du prosélytisme. Cette confusion présente un danger tout à fait réel pour nous chrétiens, comme pour d’autres courants religieux. Pourtant témoigner de sa foi et de l’évangile, n’a rien à voir avec le prosélytisme.

Là où le prosélytisme aura pour objectif de rallier des personnes à une organisation, une doctrine religieuse ou un parti, les évangiles ont pour intention le partage d’un message, d’une bonne nouvelle. Les méthodes sont diamétralement opposées. Là où vivre l’évangile repose sur le témoignage personnel, le dialogue et la proposition libre, le prosélytisme utilise l’insistance, la pression psychologique, la culpabilité et parfois un marketing agressif. Le prosélytisme est antiévangélique.

Témoigner

Pas facile.

Comment être aligné avec ma foi et respecter l’autre ? En bon coach, j’ai envie d’inverser la question : comment être aligné avec ma foi si je ne respecte pas l’autre ?

Si vivre l’évangile, c’est convaincre l’autre que s’il n’est pas chrétien, il se trompe et va à sa perte, je ne suis pas partant. Quand je lis les évangiles, je constate que Jésus n’a jamais voulu convaincre personne. Il a voulu montrer ce qu’était aimer chacun et révéler à chacun combien il était aimé et digne d’être aimé. Il n’a jamais, ni forcé, ni frappé ou encore moins brûlé ceux qui ne le suivaient pas, comme pourtant certains l’ont fait en son nom par la suite. Au contraire, il a toujours laissé chacun totalement libre. Il invite. Il s’offre.

Par son attitude, il me montre comment moi aussi, je suis appelé à témoigner… à vivre l’évangile. Avant d’être une démarche vers les autres, c’est avant tout un choix de vie, une attitude qui « parle » de cet amour : se savoir aimé et aimer à la suite de Jésus.

Cela fait des années que je vis ma foi au boulot. Avant, dans les milieux bancaires qui constituaient l’environnement de mes clients, aujourd’hui, beaucoup plus largement en tant que coach. Mes clients savent que je suis chrétien, que c’est « essentiel pour moi » comme je le leur dis en me présentant. Comment me présenter honnêtement en taisant mon essentiel ?

La majorité de mes clients ne sont pas chrétiens et certainement pas pratiquants (au sens religieux du terme), beaucoup sont agnostiques ou athées, certains sont musulmans, d’autres francs-maçons. Je ne ressens pas d’animosité à mon égard à cause de ma foi. Au contraire, souvent, cette transparence sur ce qui m’habite permet des échanges très riches et toujours respectueux.

Dans mes formations ou lors de mes coachings, je cite régulièrement les écritures. Ne s’agit-il pas de textes essentiels pour notre humanité, que l’on soit croyant ou non ? Est-ce un manque de respect pour celles et ceux qui ne se disent pas chrétiens ? Est-ce du prosélytisme ? Je ne le pense pas.

Partager, sans imposer, ce que l’on a découvert de beau et de fort, n’est-ce pas cela aussi aimer ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

N’hésitez pas à le partager dans les commentaires.

Que votre vie soit belle,

Pierre


[i] La Roue du Changement de Regard est un outil puissant pour identifier ce risque dangereux. Nous l’avons abordé dans une série de 3 articles :

© Photos : ChatGPT, Hermann Traub

Cet article vous a plu ?

Pour aller plus loin, abonnez-vous à notre newsletter «L’entreprise de Vie».

Vous recevrez tous les mois un courriel reprenant :

  • Le dernier article du mois ;
  • Un article plus ancien repris dans l’historique du blog ;
  • Des idées et des propositions concrètes pour développer votre leadership et rendre notre monde meilleur.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L’auteur

Pierre de Lovinfosse

Pierre de Lovinfosse

Coaching individuel, de groupe et formations. Il s’est donné pour mission d’aider les dirigeants à mettre leur entreprise au service de l’humain : l’entreprise comme ressource pour l’humanité, plutôt que l’homme comme ressource pour l’entreprise. Il s’intéresse tout particulièrement à la problématique du leadership qui constitue son sujet principal de coaching et de formations. https://www.effatacoaching.com

Recherche

Catégories

Thématiques

SUIVEZ-NOUS

Pin It on Pinterest