Voilà une question que je ne me suis jamais posée de cette façon.
A l’évoquer, je sens en moi comme une résistance, un certain malaise. Cette question me remet en question.
Ai-je envie d’y répondre ? Ne ferai-je pas beaucoup mieux de poursuivre le flot de ma vie sans me poser trop de questions ? A priori, tout va bien, alors pourquoi irai-je me poser la question qui remettrait mon confort en question ?
A vous de voir si vous lisez la suite ou non.
Vivre sous anesthésie
Le danger est d’être anesthésié à petite dose par le train-train de la vie, la culture ambiante (celle de ma famille, de mon cercle social ou de mon environnement de travail), mes ambitions, mes peurs…
Mon confort peut m’endormir, mes peurs me paralyser, mon environnement me formatter.
L’anesthésie supprime la douleur en me plongeant dans l’inconscience. Personne n’a envie de souffrir. Alors pourquoi se réveiller ?
Trump, Macron, Mélenchon et moi
Je me demande si les personnages publics se posent cette question. Que répondraient Trump, Macron ou Mélenchon à cette question ?
Répondre à la question à la place des autres est une approche tentante car dès que j’évoque les autres et surtout lorsqu’il s’agit de personnalités bien en vue, j’ai une réponse toute prête à leur souffler.
Pour les autres, c’est facile.
Et pour moi…

Faire, avoir ou être
Dans le monde du travail ou même au niveau personnel, beaucoup ont l’habitude des bilans annuels. Il s’agit la plupart du temps de confronter la réalité du chemin aux objectifs fixés 12 mois plus tôt. Qu’avons-nous réalisés ? quels résultats avons-nous engrangés ?
Il s’agit bien de faire et d’avoir.
J’ai effectué des centaines d’évaluations de collaborateurs avant de devenir coach et jamais je ne leur ai demandé : « Qu’es-tu devenu cette année ? Est-ce que cela te convient, te parait juste pour toi ? As-tu envie de poursuivre sur ce chemin ? Désires-tu évoluer autrement ou changer quelque chose ? Quoi ? ».
Des points de vue
Pour répondre à cette question, je vous invite à prendre différents points de vue :
Suis-je devenu le chef que je n’aurais pas aimé avoir ou au contraire, ce leader inspirant que j’espérais ?
Si j’ai des enfants, quel parent suis-je devenu ?
Quel conjoint suis-je ?
Quel citoyen ?
Quel être humain ?
…
Des balises
Cette question fait appel à mes balises.
Celles de mon ego, dictées par mes peurs : ma réussite, ma reconnaissance, ma richesse, mon pouvoir et mes avoirs…
ou celles de mon être profond : mes valeurs, ma foi, ma mission de vie, aimer…
Celle de ma relation au temps que je prends ou qui me prend.
Celle du sens que je donne à ma vie ou que je cherche.
Le regard du vieillard
S’il s’agit de se donner de bons ou de mauvais points, c.à.d. de s’évaluer, la question ne me parait pas intéressante et risquerait de nourrir, soit ma honte, soit mon orgueil. Dans les deux cas, je suis perdant.
Par contre, si je veux me préparer pour la suite du chemin, ajuster ma trajectoire, l’aligner sur cette personne unique et irremplaçable que je suis, alors oui, je désire pouvoir y répondre avec lucidité.
Mais comment trouver une réponse juste ?

Une première approche, c’est de me mettre dans la peau du vieillard, de la vieille dame pleine de sagesse, que je serai peut-être un jour, si j’arrive jusque-là. De m’imaginer à la fin du chemin, à la fin de ma vie et de me regarder aujpourd’hui avec beaucoup d’amour et de bienveillance.
Que me dirait ce vieux sage ? Ressentirait-il de la joie en voyant ce que je suis devenu aujourd’hui ? Serait-il heureux ? Serait-il en paix ? Que me dirait-il ? Comment m’inviterait-il à poursuivre mon chemin ?
Faites l’exercice. Imaginez-vous devant vous-même à la fin de votre chemin. Présentez à cet être sage que vous êtes devenu, les différents aspects de votre vie d’aujourd’hui et demandez-lui ce qu’il a envie de vous dire.
La paix intérieure
Un indicateur à consulter régulièrement sur mon tableau de bord existentiel est celui de la paix intérieure. Suis-je en paix ? Cet indicateur me parle de ce que je suis en train de devenir.
Plus que jamais, le monde a besoin d’êtres de paix qui prennent régulièrement le temps de s’aligner, de s’ajuster, d’être toujours plus dans l’amour. Commençons par nous-mêmes en nous posant de temps à autre cette question :
« Qui suis-je en train de devenir ? ».
Cet article vous interpelle ? Laissez-nous votre commentaire.
Que votre vie soit belle,
Pierre
PS : Si ce type de questionnement vous parle, jetez un coup d’œil au séminaire Cap sur ma Vie.
© Images : Gerd Altmann, ChatGPT.



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